29/05/2017

PLAN GENERAL

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PLAN

 Unification de la langue wallonne

 

 

1. Le wallon, déjà une unité

 

2. Le cadre de l'unification

 

2.0. Les tendances généralisatrices de l'homme

2.1. Principes

2.2. Applications

 

3. Les résolutions

 

3.0. La polymorphie du wallon

3.1. Unification de l'orthographe:     une forme commune

3.2. Unification de la phonologie :    une forme commune

3.3. Unification de la morphologie:  une forme commune

3.4. Unification de la syntaxe:          vers la structure la plus wallonne.

3.5. Le domaine sémantique:           tous les sens sont conservés.

 

4. Résultat concret: la créativité

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1. L'unité du wallon

                   "Iter est quancumque dat prior vestigium." 

                                       (Publius Syrus)

(Il y une route partout où un autre est passé le premier.)

( Ti sûrès todi bin lès rotes dau prumî qu' a froyî l'vôye.)

                                                                                    (Trad. d' A. Laloux,1971,s.p.)                     

 

 

 

     Une mosaïque n'est-elle pas transcendée dans une unité supérieure? (Bal, 1990) Comme toute langue, le wallon, composé de dialectes, eux-mêmes constitués de parlers, ne présente-t-il pas une certaine unité?  Citons à ce sujet Louis Remacle (ULG): "Etant donné que la syntaxe wallonne varie peu d'une région à l' autre, il me paraît certain qu'en étudiant avec soin l'usage d'une localité wallonne, on éclaire d'une façon très satisfaisante l'usage du domaine wallon tout entier." (Remacle,1952,13)  Pour Omer Bastin, nos patois (sic) tendent à s'unifier sous l'influence des grands centres proches et de la multiplication des moyens de communication qui favorisent les contacts. (Bastin,1969,5)        

 

 

1885

Laurent Hendschel, in : La planification linguistique en wallon : déjà une vieille histoire ?, in : EB, 481, 1995, p.4-8

 

Dans la fameuse pièce Tåtî l’ Pèrikî d’Edouard Remouchamps (1885), les citadins parlent évidemment la langue de Liège, mais l’écrivain juge utile de faire parler les serviteurs un peu simplets et rustauds dans un dialecte est-wallon mixte de l’Ardenne et du Condroz – tout sauf liégeois. (p.8)

 

1908

César Cornil, (militant socialiste, syndical et militant de la libre-pensée; 1880-1937, membre du POB), in : EB, 497, 1997, p.6

« Pour nous, littérateurs wallons, la tâche ne serait-elle pas beaucoup plus belle si, à l'instar de ces grands hommes qui rêvent de créer une langue universelle destinée à donner naissance aux liens de frater­nité qui, fatalement, uniront tous les peuples, nous nous attachions, nous, à rénover notre langage wallon afin qu'il soit compris d'une même manière dans toute la Wallonie et employé d'une même façon? [...] travaillons surtout à l'uni­formité de la langue wallonne. »

 

* César Cornil fut l’un des fondateurs de l’Association littéraire wallonne de Charleroi en 1908.

 

 

 

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22/09/2010

(suite)

1981

Gaziaux J.-J., La vie agricole à Jauchelette, Etude dialectologique et ethnographique, 1981, p.1748

 

« On notera que les mots qui ont une grande extension dans le domaine wallon sont proportionnellement mieux connus que les autres. »

 

1995

Laurent Hendschel, in : La planification linguistique en wallon : déjà une vieille histoire ?, in : EB, 481, 1995, p.4-8

 

Les animateurs du « Walon è scole » sont obligés, par la force des choses, d’enseigner le wallon du centre urbain /où ils enseignent/.(p.7)

 

La normalisation du wallon est inexorable. (p.7)

 

2008

in : EMA, 5, 2008, p.4

au sujet de la bande dessinée de Tintyin « Lès-ôrerîyes d’ èl Castafiore »

 

„On a préféré utiliser la langue qui s’est progressivement formée dans le bassin carolorégien au cours de l’industrialisation du 19e siècle, une ‚koinè’ naturelle, accessible à tous, et reflétant la réalité linguistique régionale. »

 

 

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2. Cadre de l'unification

2.0. Les tendances généralisatrices de l'homme

 

     Si l'on suivait jour par jour le parler des nourrissons de divers pays, on observerait à coup sûr des traces importantes d'une normalisation phonétique relative, au sein même d'une masse de faits en apparence désordonnés.  De même, quelques temps plus tard, l'enfant, dans son apprentissage de la langue, produit des 'erreurs', familières à tout observateur du langage enfantin, qui témoignent d'une activité généralisatrice.  Ainsi, l'enfant produira 'prendu' sur le modèle de 'fendu, tendu, entendu'; 'mouru' sur le modèle de 'couru'; elle 'boivait' (pour 'buvait') ...   

 

 

2.1. Principes

 

                      "L' état naturel des langues est le dialectalisme.  Mais les langues, comme les hommes, ne peuvent vivre à l' état de nature."  (R. Lafont)

 

     Qu'entend-on d' abord par normalisation, par uniformisation?  Le dictionnaire définit les termes comme suit.  Normalisation = ensemble de règles visant à spécifier, unifier et simplifier en vue d’un meilleur rendement dans tous les domaines de l'activité humaine; uniformiser = rendre de même forme, de même nature, de même genre.  On normalise, on unifie, on simplifie donc ce qui est multiforme, morcelé, somme toute compliqué.  La normalisation d'une langue peut se présenter sous diverses formes.  Un dialecte est considéré comme la norme.  Il a dominé les autres, puis les a recouverts, ce dialecte étant peut-être celui de la capitale, celui utilisé par les principaux responsables de l' Etat.  Ou c'est celui dont les formes ont le plus de chances d'être comprises par tous les membres de la communauté linguistique.  Dans ce cas, ce dialecte est bien souvent le dialecte géographiquement central.  Autre solution, les formes jugées les plus communes (sans nécessairement appartenir à un seul dialecte) vont former une langue normalisée.

 

     Cette normalisation se présente comme un moyen de stimuler l'aspiration d'une langue à l'autonomie, surtout lorsqu'elle présente une grande ressemblance avec une autre langue, mieux défendue politiquement, et elle s'intègre dans un processus de planification linguistique comprenant la codification de la langue par des dictionnaires et des grammaires et la décision politique de soutenir cette langue dans l'enseignement, les media et toutes les branches de la vie publique.

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3. Les résolutions

3.0. Réduire la polymorphie du wallon

 

     Dans 'On walon po d'mwin' (Hendschel,1990,14), les formes lexicales standard doivent répondre au 'critère d'acceptabilité formelle': la forme unifiée doit à juste titre 'ressembler' à ce à quoi on est habitué dans le dialecte, elle doit répondre à la conception que se font de leur langue leurs locuteurs. Il faut ajouter qu'une grande majorité de Wallons s'exprimant ou comprenant le wallon, partiellement ou non, n'a jamais lu un mot de wallon et est plus habitué aux règles orthographiques françaises dont il faudra, semble-t-il, tenir compte dans un premier temps.  La tentation est également grande de favoriser le centre-wallon, qui peut être compris par tous les Wallons, et d'évaluer la répartition de la population wallonne suivant les dialectes.  Des 4 dialectes wallons, l'est-wallon avec le bassin liégeois et Verviers, et l'ouest-wallon avec le pays de Charleroi, sont certainement ceux qui trouvent de loin le plus de locuteurs potentiels, suivis du centre-wallon (Namur, Basse-Sambre, Andenne) et, loin derrière, le sud-wallon.

 

     Suivant tous ces critères, la solution idéale semble celle prise par Jean Germain, chercheur à

l' UCL, qui prône une langue composite avec 2 ou 3 dominantes pour 'être plus aisément reconnue comme représentative des divers dialectes et mieux acceptée par un plus grand nombre.'  (Germain, 1989,216)  Les variétés plus centrales (en l'occurrence ici Liège et Namur) seraient destinées à marquer le wallon standard de leur empreinte davantage que les autres parlers. (id.,218)  Ils devraient contribuer à la construction lexicale du wallon.  Les synonymes seraient conservés pour éviter de trancher entre 2 lexèmes différents: pwate et uch, odjoûrdu et oûy, quétefîye et moutwè, ...    

 

 

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2.2. Applications

      Partout dans le monde, en Chine avec le chinois, en Tanzanie avec le swahili, avec le 'bahasa indonesia' en Indonésie, le tok pisin en Papua-Nouvelle Guinée, etc., des efforts très importants de planification linguistique, dont l'unification, sont soutenus par le pouvoir politique en place pour faire face aux problèmes de communication, d' éducation et d' administration et pour éveiller une identité culturelle propre à ces nations notamment face à d'autres langues venues de l'étranger qui risquaient de constituer une menace pour l'intégrité culturelle des populations autochtones.  (Hamers, Blanc, 232-236)  Au cours des derniers siècles, des langues européennes furent normalisées suivant une des 3 méthodes précitées.  Ainsi, une des plus vieilles réussites en matière de normalisation linguistique est sans conteste la confection de la Bible d' Etat ou Statenbijbel de 1618 à 1637 pour laquelle des traducteurs de toutes les parties des anciens Pays-Bas collaborèrent démocratiquement à la recherche de la forme la plus commune à tous les locuteurs néerlandophones de l'époque. Plus tard, Monaco verra de la même façon le monégasque standardisé en vue de l'enseigner dans les écoles. En 1993, suivant une autre méthode, le Batua deviendra la langue unifiée basque dès 1968, en se basant sur le dialecte guipuzcoan, utilisé par le plus grand nombre.  Le théologien Venceslas Hammershaimb, lui, forgea seul une langue écrite unifiée pour le féroïen au 19e siècle en prenant bien soin de ne retenir que les formes les plus distinctes du danois qui menaçait cette langue. (Baur,s.p.,s.d.; Kremnitz,1991,10-22; Magocsi,1991,187-194; Kattenbusch,1989,164-172)  Enfin, d'autres langues comme la langue tzigane et le 'rusyn', langue slave transfrontalière  parlée notamment en Vojvodine et en Slovaquie, sont en voie de normalisation.             

 

      Qu' en est-il du wallon?  Il faut distinguer la forme du sens de chaque mot. Il faut tout d' abord combattre l'idée tenace que toutes les formes wallonnes sont sacrées et que l' on ne peut pas y toucher ...  Certes, toutes ces formes ont une dignité égale mais cela n' empêche pas que l' une d' entre elles est généralement plus utilisée que les autres ou recèle plus de potentialité de régularisation.  Et que, donc, il est loisible de procéder à un choix. (Levêque, 1981, 13-14)  Un mot possède un sens et une forme et la forme est le support du sens, elle le véhicule.  Pour rendre le wallon davantage véhiculaire, pour véhiculer toutes les significations que supporte cette forme, il faut donc normaliser la forme. 

 

     Quand on parle de richesse du wallon, il s'agit bien de la richesse sémantique du wallon.  Comme toute langue, la spécificité du wallon réside dans la vision du monde qui nous entoure et on ne peut y toucher au risque de la détruire.  En d'autres termes, c'est le sens des mots qui témoigne de notre vision de la réalité, du génie des Wallons et il n'est dès lors pas question d'appauvrir le wallon par la suppression de définitions lexicales locales, ni même des mots de même sens mais de forme trop différente (en l'occurrence, 2 synonymes).

 

Ex.

gârlot: = grelot (ouest-wallon)

          = grelot, larynx (centre-wallon).

grochi: = grossir (est-wallon)

          = grossir, prospérer (ouest-wallon); etc.

 Les sens de larynx / prospérer ne seront pas supprimés.

 

one miète: = on pô: un peu.

canada = crompîre = pètote = etc.: pomme de terre;

etc.

  Tous les mots sont conservés.

 

   

NORMALISATION

FORME des mots

SENS des mots

   maximale   

 minimale

 

 

     En guise de conclusion, la normalisation du wallon renforcera sa fonction sociale en tant que langue de communication à côté du français en Wallonie et la mentalité, la fierté des Wallons comme membres d' une même communauté.  Elle permettra enfin d'envisager une amélioration de la production culturelle wallonne avec un public plus large et surtout la promotion de son enseignement.  Beaucoup d'obstacles seront surmontés pour atteindre un bilinguisme et un biculturalisme généralisés, pour prétendre à faire du wallon une langue officiellement nationale. 

 

 

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