22/09/2010

3.1. Unification de l' orthographe basée sur la lecture

 

   " Les fonctions de l'orthographe sont d'assurer la transmission intégrale et non ambiguë des messages.  Pour ce faire, l'orthographe doit refléter aussi fidèlement que possible la prononciation, faciliter la lecture et marquer les rapports syntaxiques."  (Leleux, 1983,7-8)  En outre, dans la majorité des langues européennes, il existe une tendance à l'élimination des digrammes grecs et de l'y, remplacés par leurs équivalents nationaux, et à l'accommodation des mots savants et des mots d'emprunt moderne à la prononciation, à la graphie et à l'accentuation nationales.  De même, l'orthographe analogique garde dans ces langues toute son importance face aux phènomènes

d'assimilation (paard /t/- paardekracht (en néerl.); tchivau - on tch'vau  /t¹f/ (en wallon); I got you (/'I gotche'/)( en anglais);...).

 

     Ceci nous amène à parler de 3 principes utilisés dans les orthographes de ces langues, ainsi qu' en wallon:

1° le principe phonématique: un  phonème est rendu par un signe;

2° le principe morphologique, celui de l' analogie et de l'isomorphisme;

3° le principe étymologique, où la forme se rapproche de l'originelle.

 

Ces principes sont souvent en conflit; tantôt, on donnera la préférence à l'un, tantôt à l'autre: malade /-t/ (principe 2° au lieu du 1°), timp (le 3° au lieu du 1°), etc., ce qui fait dire à certains que chaque réforme orthographique est une 'oeuvre en perpétuel devenir'. (Vildé-Lot,1972)  Entre également en compte le fait qu'une langue est lue davantage qu'écrite et que, suivant des expériences récentes, les mots sont reconnus très rapidement lorsque l'oeil se pose un tout petit peu à gauche du milieu du mot.  "Il existe donc une position optimale du regard dans les mots et si cette position ne se trouve pas juste au milieu du mot, c' est parce que généralement l' information est surtout contenue dans le début des mots".  ( Dominique, 1992)  Il faut donc que l'orthographe en début de mot ne soit  pas négligée.

 

 

Les règles de l' orthographe wallonne

 

     A une langue écrite sans règles au 19e siècle a succédé l'orthographe 'Feller' du nom de Jules Feller, lauréat d'un concours organisé par la Société liégeoise de littérature wallonne au début du siècle. Dans l'édition définitive de ces règles, où il s' inspire de l'orthographe française, il insiste pourtant sur le fait que "le français a des graphies mauvaises, inutilement compliquées, dues au pédantisme ou à l'ignorance.  Il faut savoir en secouer la tyrannie en wallon pour se rapprocher de ce qu' exigent la phonétique et l'histoire." (Feller,1902)  Ces règles furent publiées dans un essai en 1900.  Elles rencontrèrent partout le meilleur accueil et son auteur s'ouvrait à l'avenir en disant: " Si des études ultérieures démontraient l'avantage de certaines corrections aux règles proposées, il va de soi que nous nous empresserions de les introduire dans la pratique." (Ibid.,56)

 

13:23 Écrit par justitia & veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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